Venez travailler à ma vigne
La parabole que nous propose la liturgie ce dimanche peut comme toute parabole être comprise selon divers niveaux. Mais comme à chaque fois, elle nous parle essentiellement du Salut et de l’histoire du Salut. Telle la parabole du bon samaritain, de la parabole du semeur sorti semer, et de bien d’autres encore. C’est d’ailleurs sur ce plan-là que les paraboles sont les plus riches d’enseignements. Ainsi comme disait Claudel en faisant s’exprimer le Christ : « les miracles étaient des signes mais les figures et les paraboles sont aussi des signes, des événements schématiques devant l’esprit, non pas un moyen de me posséder, mais de me suivre, de suivre ce qui passant par le milieu de vous s’en ira plus loin ». Ici, vous l’aurez compris, le maitre de la vigne représente le Créateur et la vigne représente, comme toujours dans la Bible, le peuple de Dieu. C’est Dieu en effet qui a planté la vigne et qui la fait fructifier. Et à chaque époque il appelle les ouvriers pour qu’ils viennent y travailler.
Nous pouvons également distribuer ces diverses heures du jours selon les différents âges de la vie d’un homme. Le petit jour, c’est l’âge de l’enfance, la troisième heure, celle de l’adolescence puisque le soleil monte et prend alors de la hauteur. La sixième heure, l’âge de la maturité puisque le soleil y est à son zénith. La neuvième heure désigne la vieillesse où le soleil redescend dans sa course et où les ardeurs commencent à se refroidir. Enfin, la onzième heure est celle de l’ultime instant où la mort est déjà présente, et où le soleil a disparu sans que les ténèbres n’aient déjà tout recouvert. Ainsi certains sont-ils appelés à la vie divine dès leurs premiers vagissements, d’autre alors qu’ils sont dans l’adolescence, d’autres à l’âge mûr, d’autres dans la vieillesse, d’autres enfin aux portes de la mort. Tous sont cependant récompensés de la même manière. N’est-ce pas à la onzième heure que vint le larron. Encore faut-il préciser que ce n’est pas par son âge avancé mais par son supplice qu’il se trouva parvenu au soir de sa vie. Il confessa Dieu juste avant de rendre l’âme. Ainsi le maître de la vigne admettant le larron avant saint Pierre dans le repos du paradis a bien distribué le denier en commençant par le dernier.
Alexis de Monts de Savasse +, curé
Lire la FIP dans son intégralité : 2026-09-20
