Dimanche de la Résurrection
« Cette nuit où le Seigneur est ressuscité, nous la passons à veiller. La vie où il n’y a plus ni sommeil ni mort, il l’a inaugurée pour nous en son corps, ressuscité des morts pour ne plus mourir et à jamais soustrait au pouvoir de la mort. Si nous avons chanté le Ressuscité en le veillant un peu longuement, il nous donnera de régner avec lui en vivant sans fin » – (Saint Augustin)
Savons-nous, soupçonnons-nous seulement ce que Pâques, ce que signifie cette Résurrection et qu’en effet c’est que le rejaillissement triomphal, ce débordement inimaginable d’une source, un moment contrainte, mais qui, en ce saint jour va emporter tous les barrages de notre incroyance comme un torrent de vie ?
Qui sait quelle Résurrection s’accomplira en ce jour ? secrète à tous sauf à Dieu. Qui sait l’ère qui s’ouvre en nos incertitudes. Ce que nous connaissons, c’est, à l’image des apôtres, la certitude du tombeau. Qui eut pu soupçonner que ce tombeau serait plus glorieux et plus fécond que toutes les pseudo victoires que l’on a pu remporter ?
Ceux-là ne chanteront pas ceux qui, vivant d’une vie morte, préféreront demeurer dans la tombe. Mais nous savons que la vie nous appelle et nous crie, comme le Seigneur avec Lazare, « viens dehors ».
Si nous savons que quelque chose est mort en nous, nous prenons conscience qu’une force plus grande que la mort nous travaille et nous soulève. Notre cœur affermi doit désormais battre d’une telle certitude et d’une telle résolution que nous allons pouvoir chanter notre Joie Pascale, cette première joie de Marie-Madeleine qui préludait à O filii et filiae en criant aux hommes endormis sa certitude. Et c’était bien elle qui avait raison.
Alexis de Monts de Savasse, Curé
