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Feuille d’information paroissiale – 10 mai 2020

Fraternité

La Constitution de notre République, et cela peut étonner, fait découler la souveraineté de quelques grands principes dont la Fraternité, même s’il a fallu attendre 2018 pour que le Conseil Constitutionnel (cf. DC 2018-717/718) reconnaisse la valeur constitutionnelle de ce principe inscrit pourtant depuis si longtemps sur tous les frontons de nos bâtiments publics.

La fraternité implique d’avoir un regard attentionné sur son frère dans toutes les dimensions de son être : corps, âme et esprit.

Cette attention au frère a pu être, ici ou là, mise sous le boisseau à l’occasion de la crise sanitaire. Ainsi, les sanisettes publiques ont initialement toutes été fermées à Paris, plongeant dans un embarras certain nombre de sans abri atteints là dans leur dignité humaine. Aujourd’hui, seulement un tiers des 425 toilettes publiques ont été réouvertes.

L’attention au frère, la fraternité vécue, a contrario, est déployée par l’Église à Paris et qui supplée avec ses forces modestes aux carences, notamment par la distribution quotidienne de 4000 paniers-repas.

Mais la fraternité implique de regarder le frère dans la totalité de son être, pas seulement dans sa dimension corporelle. Et nous pouvons y être sensibles, alors qu’après le 11 mai il sera possible d’aller travailler, en respectant des normes complexes de « distanciation sociale ».

Quel triste terme que celui-ci : « distanciation sociale » !

Tout ce qui fait la beauté de l’Homme : relations aux autres (culture, sport, …), relation à Dieu (culte), tout cela semble contrevenir fondamentalement à la « distanciation sociale. » Tout ce qui fait la beauté de l’Homme est « relation » et non « distanciation », car l’Homme ne vit pas seulement de pain.

Alors que le déconfinement commence tout juste, puissions-nous sans mettre en danger notre frère, trouver des gestes « d’attention fraternelle » (plutôt que de « distanciation sociale »), des gestes qui disent tout à la fois le soin porté au corps pour éviter la propagation de la maladie, et à la fois combien notre frère a de la valeur à nos yeux.

La relation, et singulièrement la relation à Dieu, notre Père, est une composante essentielle de la vie humaine et sociale, en un mot de la fraternité. Elle peut même être vécue par le port d’un masque : attention fraternelle !

A l’issue du confinement, la voix du peuple de Dieu devra porter l’espérance à notre cité, cela passera par un rappel paisible de la devise fondatrice de notre société : liberté, égalité, fraternité…

Père Sébastien WAEFFLER

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