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Feuille d’information paroissiale – 3 mai 2020

Égalité

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » (Article 1er de la Déclaration des droits de l’homme (1789) Texte constitutionnel de la République Française).

Nous avons tous découvert mardi 28 avril les modalités du plan de déconfinement présentées par le Premier Ministre. À cette occasion, il a indiqué aux députés à 15h54 : « je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonie avant cette barrière du 2 juin. Les cérémonies funéraires restent évidemment autorisées comme aujourd’hui… »

Pardonnez-moi de m’interroger sur cette « légitimité » invoquée sans être rationnellement établie dans le discours ministériel, même si je m’y conformerai.

En effet, il me semble qu’il y a une grave atteinte à l’égalité des droits à autoriser le rassemblement de 286 personnes dans une seule rame de métro (soit 1 place sur 2 pour les rames courantes à Paris de type MP73 homologuées pour 572 pers. max.) tout en interdisant que 100 personnes se réunissent dans notre église (homologuée pour 300 pers., soit 1 place sur 3 et une hauteur de plafond incomparable à celle du métro) le dimanche pour y célébrer la messe.

Il me semble qu’il y a une grave atteinte à l’égalité des droits à autoriser la réouverture des commerces et à interdire les célébrations religieuses.

« Le jeudi de l’Ascension restera bien évidemment férié » a poursuivi le chef du gouvernement.

Ainsi, le jeudi de l’Ascension vous pourrez aller faire du shopping (zone touristique oblige) dans l’enseigne du Bld Haussmann de votre choix, mais il sera – a priori – interdit de nous retrouver le matin pour célébrer ensemble ce « jour bien évidemment férié ».

Férié pour quelle raison déjà ?

Je m’interroge sur la rupture d’égalité des droits manifestée ici et sur l’utilité commune qui doit la fonder. Certainement ne suis-je pas le seul à interroger la légitimité de ces mesures que pourtant, je le redis, -par attachement aux normes fondamentales de notre société- je respecterai bien sûr.

A l’issue du confinement, la voix du peuple de Dieu devra porter l’espérance à notre cité, cela passera peut-être aussi par un rappel paisible de la devise fondatrice de notre société : liberté, égalité, fraternité…

Père Sébastien WAEFFLER

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