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Feuille d’information paroissiale – 26 avril 2020

Liberté

« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites» (Article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) ratifiée par la France).

Évidemment, par la voix de 28 députés, nous avons collectivement consenti à une restriction temporaire de notre liberté de déplacement afin de lutter contre la propagation du COVID-19. Et cela est une bonne chose.

Mais nous savons que ce sacrifice consenti est temporaire.

Plus que tout, nous savons qu’il n’affecte pas notre liberté de conscience, notre liberté de prier. Cette liberté absolue du fils qui parle à son Père des cieux, pour lui confier ses joies et ses peines, ses espérances et ses regrets, dans l’assurance d’être entendu, compris et aimé.

Nul n’a jamais pu porter atteinte à cette liberté.

Même les régimes totalitaires les plus durs ne sont jamais parvenus à faire taire la voix de la prière.

C’est au nom de cette liberté que je célèbre la messe pour vous, jour après jour, dans le silence de l’église, portes closes. Cette messe n’est pas  clandestine, mais privée.

C’est au nom de cette liberté que tous mes frères prêtres de Paris (et de France) font de même.

C’est au nom de cette même liberté que l’église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie reste ouverte pour que vous puissiez venir vous y recueillir quelques minutes à l’occasion de votre promenade quotidienne autorisée.

Toute tentative pour porter atteinte à cette liberté – je fais référence ici à l’intrusion de policiers armés, dimanche 19 avril à Saint-André-de-l’Europe – serait évidemment inacceptable. Et je ne m’étonnerai pas que les chrétiens saisissent par courrier leur député, leur maire, … pour s’émouvoir que quelques policiers armés se soient crus autorisés à interrompre une messe célébrée portes closes et diffusée sur les réseaux sociaux.

En sommes-nous donc arrivés-là ?

A l’issue du confinement, la voix du peuple de Dieu devra porter l’espérance à notre cité, cela passera peut-être aussi par un rappel paisible de la devise fondatrice de notre société : liberté, égalité, fraternité…

Père Sébastien WAEFFLER

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