Une histoire de Banque Centrale
Nous voyons d’un mauvais œil, par les temps qui courent, tout ce qui tourne autour des crédits et surtout du surendettement. Le climat économique ne se prête guère aux prêts bonifiés et aux autres emprunts intempestifs. Ce que nous voyons aujourd’hui, de la part des banques et de toutes les institutions de crédit, c’est plutôt la volonté de recouvrer leurs fonds.
Mais tel n’est pas l’état d’esprit du Seigneur dans l’évangile de ce dimanche, qui à n’en pas douter, n’a jamais fait d’études de commerce ni travaillé dans une banque. Non content de détourner Matthieu ou Zachée de leurs activités financières rentables, celui-ci raconte une parabole venant encourager les créditeurs à remettre les dettes et les débiteurs à faire comme s’ils ne devaient plus rien. Dans quel monde Jésus croit-il donc vivre ? Ne sait-il pas qu’à trop annuler les dettes on en vient à faire faillite ? Ne se rend-il pas compte que le Fond Monétaire International ou bien la Banque Centrale Européenne ne sauraient absoudre les erreurs de gestion de tel ou tel pays sans susciter la banqueroute générale ou la spéculation débridée ?
Non, décidément Jésus ne semble pas au fait de la réalité car il n’est pas dans la fonction du prêteur d’argent de remettre les dettes. Et ce qui vaut dans le domaine financier devrait aussi valoir dans le domaine moral.
A cet égard, nous, pauvres pécheurs impénitents que nous sommes, nous avons une dette morale qu’aucun organisme mondial ne saurait assainir car nous sommes infiniment redevables à l’encontre de Dieu notre « Banque Centrale de Charité ». Mais lui, nous remet notre dette, comme si de rien n’était, que l’on soit Simon le pharisien comme la femme pécheresse. Ce qui compte, c’est le désir de conversion, c’est la contrition, cette « componction du cœur, cette douleur de l’âme et cette détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir ». Et dès lors que cela survient, alors l’ardoise est effacée sans autre forme de procès.
Et en plus, notre Seigneur n’est pas un si mauvais économiste, puisque s’il remet la dette du péché, il ne fait pas peser la facture sur quelqu’un d’autre ou sur les générations suivantes, s’il annule la dette c’est pour mieux la rembourser lui-même, en s’offrant au Père jusqu’à nous donner sa vie.
Voilà ce que Dieu réalise, à rebours de l’Esprit du monde, des marchés financiers et des modèles économiques. Rendons gloire à Dieu pour cette « Banque Centrale de Charité » inépuisable où chacun peut avoir un compte sans jamais avoir à payer d’agios.
Alexis de Monts de Savasse, curé
Lire la FIP dans son intégralité : 2026-09-13
