L’Église, à la suite des révélations du Seigneur à sainte Marguerite-Marie clôt le cycle annuel des solennités du Sauveur par la grande fête du Sacré Cœur. Comme si, arrivé au terme de la contemplation de tous ses mystères, il ne restait plus qu’à célébrer l’amour même qui les avait toutes inspirées. Ainsi la dévotion au Sacré-Cœur est-elle, d’une façon générale, le dévouement à la personne de Jésus lui-même, manifestant son amour pour nous et nous montrant son cœur comme symbole de cet amour.
Qui honorons nous donc dans cette dévotion ? Le Christ lui-même en personne. Et quel est l’objet immédiat, spécial, propre de cette dévotion ? Le cœur de chair de Jésus, le cœur qui battait pour nous dans sa poitrine d’homme-Dieu. Mais nous ne l’honorons pas séparé de la nature humaine de Jésus ni de la personne du Verbe éternel auquel cette nature humaine a été unie dans l’incarnation. Nous honorons ce cœur comme signe de l’amour de Jésus à notre égard : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Toute la dévotion au Sacré-Cœur est en germe dans ces paroles de Jésus. Et pour montrer que cet amour avait atteint le suprême degré, le Christ Jésus a voulu qu’aussitôt après son dernier soupir sur la Croix, son cœur fût transpercé par la lance d’un soldat. Saint Augustin se plait à relever l’expression choisie à dessein par l’évangéliste pour nous faire connaître la blessure produite par la lance au côté de Jésus mort sur la croix. L’écrivain sacré ne dit pas que la lance frappa ou blessa mais qu’elle ouvrit le côté du Sauveur. C’était la porte de la vie qui s’ouvrit dit-il. Du cœur percé de Jésus, allaient s’épancher sur le monde les fleuves de grâces qui devaient sanctifier l’Église.
En contemplant le cœur transpercé du Seigneur nous contemplons à la fois la naissance de l’Église et le don des sacrements. En effet, l’Église, l’épouse du Christ nait de cette blessure du Cœur comme Êve est née du côté d’Adam, et c’est dans l’amour miséricordieux qu’elle trouve son sens. Mais par ce sang et cette eau jaillis de la source, c’est à dire du plus profond du cœur du Christ, le Seigneur donne à l’Eglise, le pouvoir de conférer la vie de la grâce à travers les sacrements du baptême et de l’eucharistie dont ils sont le signe. Et à ceux qui ont déjà en eux la vie du Christ, Il donne à boire de cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle.
Alexis de Monts de Savasse, curé
Lire ici la FIP dans son intégralité : 2026-06-14
