La Sainte Trinité
« Que mon lecteur s’il communie pleinement à ma certitude, fasse route avec moi ; s’il partage tous mes doutes, qu’il cherche avec moi, s’il se reconnaît dans l’erreur, qu’il revienne à moi, s’il m’y surprend moi-même, qu’il m’en détourne. C’est ainsi que nous avancerons ensemble sur le chemin de la charité, vers celui dont il est écrit : « cherchez sans cesse son visage (Ps104,4) Voilà le vœu pieux et ferme dont je voudrais convenir avec tous mes lecteurs et à propos de tous mes écrits, mais surtout de ceux qui traitent de l’unité de la Trinité, Père, Fils et saint Esprit. Il n’y a pas de sujet en effet, où soit plus périlleuse l’erreur, plus laborieuse la recherche, plus fructueuse la découverte » (Saint Augustin : De Trinitate I,III, 5)
Le Mystère de la sainte Trinité que nous fêtons ce dimanche ne saurait être un mystère qui obscurcirait notre intelligence mais bien plutôt une Révélation qui l’irradie d’une telle lumière qu’elle la laisse comme éblouie, incapable de saisir par elle-même la lumière infinie qu’elle reçoit. Et pourtant, ce qu’est la Sainte Trinité, c’est à dire sa vie intime, à savoir cette circulation de l’amour en son sein, entre le Père et le Fils dans l’Esprit, nous est donnée en partage par une grâce insigne, si bien que nous pouvons connaître à la mesure de notre nature ce que la vie trinitaire signifie, et même en vivre par participation.
– La connaître d’abord ; en tant que les missions divines, celle du Fils par son Incarnation rédemptrice et celle de l’Esprit à la Pentecôte sont comme une sorte de rayonnement, de répercussion dans le monde créé de ce qui s’accomplit parfaitement et entièrement en Dieu de toute éternité. Ainsi à travers l’Evangile, nous voyons comment le Fils se livre éternellement au Père, comment il se reçoit de lui, et comment cela se traduit humainement et concrètement par son acte de livraison sur la croix. Nous voyons comment le Père aime le Fils d’un amour inconditionnel et comment cela se matérialise par la Résurrection. Nous comprenons l’œuvre de l’Esprit, amour personnel du Père et du Fils qui donne la vie et qui sanctifie tout en construisant l’unité du genre humain à travers l’onction du baptême du Seigneur en son humanité puis à la Pentecôte.
– En vivre ensuite ; Dieu, disait saint Augustin, est quelqu’un qui m’est plus intime à moi-même que moi-même. C’est à dire que dans l’ordre même de notre vie personnelle, nous sommes baignés originellement dans cette vie trinitaire, et que lorsque nous voulons véritablement rentrer en nous-mêmes, nous y découvrons la Sainte Trinité. Tout comme la Trinité est présente pour créer et soutenir le monde, elle est aussi présente dans le temple de notre âme créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Dès lors que nous nous laissons guider par cette vie trinitaire, alors, il se produit que nous sommes comme entrainés par chacune des personnes divines. Le Fils dans lequel nous sommes re-nés par le baptême nous aide à nous offrir au Père « par Lui avec lui et en Lui », et l’Esprit nous embrase de son amour et nous consacre de telle sorte que nous ne formions plus qu’une seule unique offrande avec le Fils. Alors, et cela ne sera qu’au terme de l’histoire, Dieu sera tout en tous et nous vivrons en plénitude dans et de la vie trinitaire.
Alexis de Monts de Savasse, Curé
Consulter la FIP en intégralité : 2026-05-31
