« Je suis le chemin, la vérité et la vie »
« Le Christ Dieu est la patrie vers laquelle nous allons, le Christ homme est la voie par laquelle nous allons. C’est à lui que nous allons, par lui que nous allons. »
(Saint Augustin : Sermon 124, 3, 3).
Le Seigneur Jésus avait déjà appris bien des choses à ses disciples à propos du Père et du Fils, mais ils ignoraient encore que c’était au Père qu’Il allait et que le Fils était le chemin pour s’y rendre. Il est difficile en effet d’aller au Père. Rien d’étonnant s’ils l’ignoraient. Car si le Christ dans son humanité leur était bien connu, ils ne connaissaient que bien imparfaitement sa divinité. L’effort suprême de clairvoyance, accompagné et précédé par la grâce elle-même, c’est donc de reconnaître à coup sûr dans l’homme Jésus, le Fils de Dieu. « Je suis le Chemin, la Vérité, et la Vie » déclare notre Seigneur. D’un coup, Il leur dévoile la route et le terme de la route ; Il leur dévoile, et la Patrie, et la Voie qui y mène. Mais avec ceci de proprement inimaginable, que la route et le terme de cette route ne sont pas éloignés l’un de l’autre, qu’ils sont si proches en vérité qu’ils se touchent. Il est à la fois l’un et l’autre, la route selon son humanité, le terme selon sa divinité.
A Philippe, Jésus révèle qu’Il est la Voie pour parvenir à la Vérité puisqu’il est la Vérité ; qu’Il est la Voie pour parvenir à la Vie puisqu’Il est lui-même la Vie ; qu’Il est tout ce que l’homme recherche, depuis le premier soir de ce premier péché qui l’avait conduit à la désobéissance et à la privation de la contemplation divine. Désormais, par son incarnation rédemptrice Dieu n’est plus un étranger pour l’homme pas plus que l’homme n’est impur pour Dieu. Mais plus encore, par pure miséricorde nous dévoile-t-il sa Divinité ni par des tours de passe-passe ou d’effets spectaculaires mais par les œuvres qui caractérisent le plus ce qu’est Dieu, son amour incomparable, éternel et infiniment bon. La Voie qui s’est donnée à nous jusqu’à mourir pour nous est un chemin que l’homme pourra enfin emprunter à son tour sans se perdre, un chemin à la hauteur de son humanité, un chemin que providentiellement il a bien voulu nous offrir, à nous qui étions incapable de venir jusqu’à Lui. Il s’agit alors pour aller au Père d’adhérer au Christ en prenant la route des sacrements qui jalonnent notre vie humaine depuis le berceau jusqu’au tombeau en faisant de cette vallée de larmes un chemin de sainteté et de divinisation progressive.
Alexis de Monts de Savasse, Curé
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