Dimanche des Rameaux et de la Passion
« Avec son sang, il a lavé la face de notre âme ; par le sang qu’il répandit avec une telle ardeur d’amour et de patience, il nous a fait renaître à la vie de la grâce ; (…) le sang couvrit notre nudité, car il nous revêtit de la grâce. La chaleur du sang fit fondre la glace et réchauffa la tiédeur de l’homme ; les ténèbres se dissipèrent dans le sang, et la lumière se fit jour. L’amour propre fut anéanti dans le sang, tant il est vrai que l’âme qui voit qu’elle est aimée jusqu’au sang, a sujet de sortir du misérable amour d’elle-même pour aimer le rédempteur qui a donné sa vie avec une telle ardeur d’amour et de course éperdue vers la mort ignominieuse de la croix ».
(Dialogue : Sainte Catherine de Sienne)
En ce dimanche des rameaux et de la Passion, La liturgie nous transporte au Golgotha, au pied de la croix du Seigneur où se tiennent la Sainte Vierge, et saint Jean, le disciple que Jésus aimait. Nous voici devant la croix dressée aux yeux de l’humanité tout entière, et en cet endroit, en cet instant, nous sommes parvenus à gravir l’Everest de la Révélation divine, le point culminant de la charité divine qui nous est donné non seulement à méditer mais à en vivre.
Au pied de la croix, nous sommes donc déjà en un sens à l’heure de Dieu, l’heure éternelle d’un sacrifice universel. Comment refuser la conversion, mes frères, comment repousser à plus tard la sainteté lorsque l’on entend dire notre Seigneur à chacun d’entre nous, selon Pascal, j’ai versé telle goutte de sang pour toi ? Chaque goutte du sang humain de notre Dieu aurait pu sauver l’ensemble de l’humanité, mais il a voulu que son cœur soit ouvert et comme vidé par la méchanceté des hommes afin que sa vie humaine unie à sa divinité soit une source jaillissante pour les siècles, et que tous puissent bénéficier de sa miséricorde.
Alexis de Monts de Savasse, Curé
