Mercredi des Cendres : l’entrée en Carême
La pénitence intérieure du Chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Ecriture et les Pères insisteront surtout sur trois formes : le Jeûne, la Prière et l’Aumône (Mt 6,1-18). Elles expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres.
Sans la pratique de la charité fraternelle, et sans vouloir être vu des hommes, le jeûne est sans valeur. Mais le jeûne a aussi pour but de se rappeler que l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole de Dieu. Le jeûne nous fait alors prendre conscience que notre pain quotidien est aussi et d’abord le pain supersubstantiel que constitue le corps du Christ et que nous recevons dès lors que nous communions. Retrouver le sens de Dieu c’est perdre notre sens charnel qui nous détourne de Lui. Saint Paul disait pour certains que « leur Dieu c’est leur ventre ». Nous voyons que notre condition charnelle se doit d’être au service de notre condition spirituelle et que toute inversion constitue alors un grave dérèglement.
L’Aumône : pratiquer l’aumône de telle sorte que la main gauche ignore ce que donne la main droite n’est pas plus évident que de jeûner. Elle constitue cependant une manifestation la plus éminente à l’encontre de ceux qui souffrent de misère matérielle. Elle montre la charité à l’œuvre et met en pratique cette maxime bien connue de l’Ancien Testament, et que reprend Jésus : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Si l’aumône financière est importante elle ne constitue pas la seule forme. Il existe de nombreuses formes d’aumônes tant matérielles, comme saint Martin donnant la moitié de son manteau à un pauvre, que spirituelle : offrandes de prières, de joie, de compassion, de communion… Saint Augustin disait ainsi que le Chrétien, pendant le Carême doit distribuer deux sortes d’aumônes : il doit donner et pardonner.
La prière : Il est surprenant de constater que la prière est au nombre des efforts de carême. « Ne faut-il pas en effet prier sans cesse ? » Ce que la tradition de l’Eglise demande dans ce troisième « pilier » du carême c’est de purifier sa prière, de se décentrer de soi-même pour orienter franchement son amour non plus sur nous-même mais sur Dieu de qui nous tenons la vie, le mouvement et l’être (Ac.17). Cela peut être également l’occasion d’une retraite, propice à un moment de mise au point sur nous-même et sur notre relation à Dieu. Pourquoi ne pas venir à celle que nous propose la paroisse du 16 au 21 mars ? Car le carême est le moment privilégié pour se replonger dans l’amour de Dieu, s’ouvrir toujours plus à sa grâce en accueillant sa lumière et en se disposant à le suivre toujours plus.
Alexis de Monts de Savasse +, Curé
