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Feuille d’informations paroissiales – dimanche 25 janvier

En ce dimanche pour l’unité des chrétiens, il nous a paru bon de revenir quelque peu sur la signification réelle de cette unité et de la signification de cette prière que nous formulons et que le Christ, l’unique Seigneur, a formulée lors de son discours après la Cène : « Qu’ils soient un comme Toi et Moi nous sommes Un ». La tradition catholique de ce que nous appelons l’œcuménisme : oikos monos, une seule demeure, reformulée par le Concile Vatican II, n’est pas régie par l’idée que toutes églises et communautés chrétiennes existantes, qu’elles soient catholiques, orthodoxes ou protestantes, sont toutes des fragments de la véritable Église, qui de fait n’existerait plus nulle part, et qu’il faudrait malgré tout essayer de former par recomposition de ces fragments. Le concile Vatican II dit d’abord, de manière explicite, « que l’unique Église du Christ se trouve, subsistit in, dans l’Église catholique… gouvernée par le Successeur de Pierre et par les évêques qui sont en communion avec lui » (Constitution Lumen Gentium 8).

Il convient alors d’affirmer que s’il n’y a donc pas identité parfaite entre Église du Christ et Église catholique, c’est néanmoins dans l’Église catholique que subsistent tous les moyens de salut tandis que ces derniers peuvent être absents dans les autres communautés et églises chrétiennes.

Cette Église unique n’est d’ailleurs pas la propriété des uns ou des autres, l’Église est avant tout l’Église du Christ, c’est Son Église avant même que d’être l’Église catholique ou orthodoxe. Cela signifie que l’unité des croyants ne peut être réalisée par une action humaine. Elle reste une supplique et se trouve dans la prière tout autant que dans le commandement livré à tous les chrétiens. Mais la conception théologique de l’unité ne signifie pas pour autant que le problème soit renvoyé dans un futur ou dans l’au-delà. Une caractéristique de l’Église est précisément qu’en elle, l’élément céleste se prolonge dans l’élément terrestre. L’Église est par excellence l’événement de l’intégration de l’histoire humaine dans l’espace de la vie divine. C’est pourquoi il devient possible que se produise dans ce monde ce qui ne peut venir de ce monde : l’unité. C’est aussi la raison pour laquelle l’unité, comme tout ce qui est seulement le propre des réalités célestes est un signe de l’origine divine de l’Église, et que l’on puisse dire finalement que cette unité existe déjà ici-bas sans qu’elle soit encore pleinement réalisée et dévoilée.

Si la pleine unité des chrétiens apparait difficile à réaliser aujourd’hui, l’unité de l’Église unique, qui existe déjà de manière indestructible nous garantit que cette unité supérieure se réalisera un jour. Nous serons donc d’autant plus chrétiens que nous tendrons davantage de toutes nos forces vers cette unité. Telle est la prière que nous formulons également en ce dimanche.

Alexis de Monts de Savasse+, Curé

2026-01-25