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Feuille d’informations paroissiales – dimanche 18 janvier

Voici l’Agneau de Dieu

Tous ceux qui ont été scouts dans leur vie savent ce que veut dire un totem, c’est à dire un nom d’animal donné à quelqu’un et qui le caractérise en quelque sorte. Ainsi celui ou celle qui met du cœur à l’ouvrage afin de scier des rondins, pourrait être totémisé castor, ou celui qui remporte tous les championnats de course, lièvre, ou encore celui qui a mauvais caractère et qui possède une stature imposante, grizzli. Mais aujourd’hui alors que nous avons déjà reconnu Jésus comme le fils unique de Dieu en qui le Père a mis toute sa joie, alors que l’Esprit est descendu sur Lui le manifestant comme le Messie aux yeux du Peuple, le Baptiste, grand sachem de la troupe du désert le désigne comme l’Agneau de Dieu. On aurait pu imaginer qu’il l’affublât d’un totem plus prestigieux, lui, le descendant de David, et le fils éternel du Père ; tel que Le Lion de Juda, ou l’Aigle royal, mais non, c’est le petit du mouton que Jean a choisi pour désigner celui qui allait sauver le peuple. Qu’elle est donc l’obscure raison qui lui a fait choisir un tel animal ?

Signalons tout d’abord que le mot agneau en araméen peut se traduire également par enfant ou serviteur. Ainsi Jésus est-il désigné par ce mot car il est le véritable agneau pascal qui vient libérer l’humanité du péché par son sang, il est le Fils véritable de la promesse faite à Abraham, il est le serviteur souffrant d’Isaïe qui porte sur lui les péchés du monde.

Enfin, pour que l’évocation de cet animal bêlant soit complète, il nous faut ajouter la description que nous en fait saint Jean dans le livre de l’Apocalypse où le Fils n’est plus visible qu’à la manière d’un agneau égorgé, mais qui a triomphé de la mort et qui reçoit l’adoration de tous. Ainsi à travers ce témoignage de Jean, nous est donnée toute une catéchèse fondamentale sur le Fils, le Verbe éternel de Dieu qui pour nous les hommes et notre Salut s’est fait l’un de nous. Et c’est grâce à cette appellation d’Agneau que l’on peut alors comprendre qui est ce Dieu venu dans le monde pour nous donner tout son amour. Mais c’est aussi sous ce même vocable qu’à chaque eucharistie après la descente de la colombe sur le pain et le vin que l’on appelle épiclèse, le prêtre reprend ce mot d’agneau et pas un autre. Au moment où elle présente le Fils unique au monde, l’Église ne met dans la bouche du ministre d’autres mots que ceux de Jean Baptiste. Comme si le prêtre était mis dans la même situation que le précurseur au moment du baptême de Jésus : Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

Alexis de Monts de Savasse+, Curé

2026-01-18