Baptême du Seigneur
« Nous, petits poissons, qui tenons notre nom de notre « ichthys1» Jésus-Christ, nous naissons dans l’eau et ce n’est qu’en demeurant en elle que nous sommes sauvés ». Tertullien, Traité sur le Baptême I,3
Aux Bergers, habitués à la tradition juive et croyant aux créatures célestes, Dieu avait envoyé des anges afin de délivrer le message de la Bonne Nouvelle de la naissance de son Fils. Aux mages, païens, Dieu leur avait envoyé une étoile, signe qu’ils étaient en mesure de reconnaître. Mais maintenant, c’est l’Esprit qui atteste de la divinité du Fils en venant reposer sur son humanité.
Quel plus beau témoin ne sera jamais donné que Dieu lui-même ! Avec cette manifestation, cette théophanie, point n’est besoin de lire le reste de l’Évangile, tout est dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve toute ma joie. » Dans cette scène du baptême du Seigneur, nous avons la plénitude de la Révélation qui nous est offerte. Il nous est dévoilé que le Dieu unique est Trinité de personnes, mystère dont désormais l’Évangile va s’employer à déployer : comment le Fils se livre éternellement au Père, comment il se reçoit de lui, et comment cela se traduit humainement et concrètement par son acte de livraison sur la croix ; comment le Père aime le Fils d’un amour inconditionnel et comment cela se matérialise par la Résurrection. Nous comprendrons l’œuvre de l’Esprit, amour personnel du Père et du Fils qui donne la vie et qui sanctifie tout en construisant l’unité du genre humain à travers l’onction du baptême du Seigneur en son humanité puis à la Pentecôte.
Mais tout cela ne peut s’arrêter ainsi. Le Fils n’est pas venu simplement, si j’ose dire, pour nous révéler qui est Dieu dans sa Trinité de personnes. Il est venu nous entraîner avec lui dans cette circumincession d’amour, et par son humanité dans laquelle, comme le dit saint Athanase il nous porte tous dans son corps, il va rétablir définitivement, lui l’Adam ultime, les liens entre l’homme et Dieu.
Désormais pour avoir part à la vie éternelle, il faut devenir fils à notre tour. Il faut que nous devenions par grâce ce qu’il est par nature. Et cela ne peut se faire qu’à travers le baptême que nous recevons. Par cet acte fondamental qui nous fait entrer dans l’Église nous devenons fils à notre tour nous participons de l’Esprit qui reposait sur l’humanité du Fils et qu’Il a bien voulu nous communiquer de la part du Père.
Alexis de Monts de Savasse+, Curé
1 Ichthys : poisson (en grec) : acrostiche qui doit se comprendre ainsi : Ièsous Christos Théou Hyos Sôter, Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur.
