La résurrection de Lazare : « Lazare, viens dehors ! »
« Celui qui pèche se fait mourir. La mort du corps, tout homme la craint. Et la mort de l’âme bien peu la redoutent… tout homme qui croit ressuscite. » (Saint Augustin)
Si nous avions encore des doutes concernant la compassion divine en face de la misère de notre humanité aux prises avec le mystère dramatique de la mort, sans doute que l’évangile de ce dimanche pourra, du moins nous rassurer, sinon ouvrir une fenêtre d’Espérance. Notre Dieu n’est pas ce monstre froid se fichant éperdument de la condition précaire de ses créatures. Non le Seigneur n’est pas le commandant d’un navire qui n’a que faire des rats et des souris grouillantes et se débattant pour survivre au fond de la cale. Le Sauveur est venu sur notre terre afin de racheter l’humanité captive du péché. Et le dernier ennemi qu’il détruira à la fin des temps ce sera la mort.
En ce sens, le miracle de la reviviscence de Lazare avant même celui de la résurrection du Christ nous en donne l’assurance. Pourtant, s’il nous était donné jusqu’alors une certitude humaine c’est que nous allions tous être confrontés un jour ou l’autre à cette mort innommable. Mais la foi nous permet déjà de l’abolir, la grâce nous permet de passer par-delà le mur de la mort et de pénétrer dans la vie éternelle. « Je suis la Résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » dit Jésus. C’est ce que doivent comprendre les chrétiens et que les catéchumènes doivent apprendre. En recevant la grâce baptismale, si la mort humaine n’a pas encore disparu, la mort éternelle que nous méritions en raison de notre péché est définitivement abolie. Encore faut-il pour cela que nous recevions encore et toujours le pardon du Seigneur qu’il nous a mérité par sa croix et que nous accueillons par la foi.
Alexis de Monts de Savasse, curé
